Dimanche 14 septembre 2014 7 14 /09 /Sep /2014 20:00
- Par Fix - Communauté : Droit Dans Le mur

Phobie administrative :

 

Exression.Maladie qui permet à un élu de la République de ne pas payer ses impôts ou son loyer. Cette maladie jusque là inconnue car rapidement soignée (Cf redressement fiscal) semble avoir pris de l'ampleur au début du XXIe siècle.

 

Sondage :

 

Nom. Evaluation pseudo scientifique qui détermine la popularité d'une personne. Avec le temps, cette pratique a remplacé le suffrage universel.

Nicoas S. : «D'après les sondages, j'aurai du être réélu !»

 

Cocu :


Nom ou adj. Situation d'une personne qui estime avoir été trompée. Le cocu se considère toujours comme une victime, ce qui lui permet de raconter n'importe quoi pour se venger de celui ou celle qui l'a trompé.

Nathalie T. : «C'est forcément la vérité, c'est moi la cocue !»

 

Edition :

 

Nom. Ancien mode de transmission récitatif en format papier. L'édition au XXIe siècle vivait une crise financière, sauf quand elle éditait les récits des cocus. (voir le mot)

 

Pacte de responsabilité :

 

Expression vide sens. Pseudo accord visant à faire baisser le nombre de sans emploi en échange de la suppression du code du travail.

Pierre G. : «Pourquoi j'embaucherai avec des salariés qui bossent 60 h payer 30 ?»

 

Ve République :

 

Régime qui a pris fin au début du XXIe siècle, sensé représenter le peuple souverain. Devant l'incompréhension dudit peuple et son mécontentement permanent quelle que soit la politique de ses représentants, on décida de supprimer ce système.

Marine L P. : «Maintenant, vous allez en chier !»


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Dimanche 7 septembre 2014 7 07 /09 /Sep /2014 20:00
- Par Fix - Communauté : Droit Dans Le mur

L'émission emblématique de France Inter a vécu. Après 25 ans de bons et loyaux services, Mermet l'agitateur est jeté aux ordures comme une vulgaire ampoule même pas recyclable !

Les marchands de canons, de béton, d'avions et de caleçons font nous faire une crise de priapisme carabinée pendant que les journalistes écraseront peut-être une larme, la queue basse, en effaçant rapidement les dernières archives de LBJS encore sur leur disque dur. On ne sait jamais !

Quand à la nouvelle patronne de France Inter, elle nous prouve une fois de plus que la docilité servile n'est pas l'apanage des hommes. Une bonne nouvelle pour l'égalité entre les sexes ! Il est probable qu'en 2017, cette femme de poigne devienne ministre de la prop.. Culture du seul vrai gouvernement qui saura mettre à bas l'Anti-France.

 

En même temps, il l'avait bien cherché à toujours vouloir remettre en doute le dogme friedmannien et ses formidables bienfaits. Il est même étonnant que Mermet est survécu si longtemps. Il ne faut pas qu'il se plaigne. En Chine, les autorités, dans leur infinie sagesse millénaire, n'auraient pas attendu qu'il ait 71 ans pour lui apprendre à vivre !

 

Voici un texte paru dans le Monde Diplo quelques semaines avant son éviction par l'impétrant. Oraison funèbre du service public qui n'est plus que l'ombre brune de lui-même.

 

 

Un anniversaire méconnu

IL Y A 70 ANS, LA VRAIE NAISSANCE DE RADIO FRANCE

Le 15/08/2014, par Daniel Mermet

© Dessin : Daniel Mermet, 2014


Deux choses tétanisent les dirigeants de Radio France : les enquêtes d’audience, reflet d’une logique commerciale, et la nomination de leur président, effectuée sous influence politique. Informer, instruire, divertir : les termes du triptyque fondateur de la radiodiffusion publique ont connu des fortunes diverses. Il y a 70 ans, à la Libération, le troisième ne supplantait pas les deux premiers. Voici, dans sa version intégrale, un article de Daniel Mermet publié dans le Monde Diplomatique de mai 2014.

Les auditeurs reviennent toujours. On pourrait graver cette phrase en lettres d’or sur la maison de la Radio. Quand l’audience décline, quand un président arrive, quand un humoriste se fait virer, quand l’actualité ne fait pas recette, il y a toujours une voix placide dans l’ascenseur pour dire, « Bah, les auditeurs reviennent toujours ! ». Un directeur se demandait même un jour ce qu’il faudrait faire pour que les auditeurs s’en aillent vraiment une bonne fois pour toutes.

Pour France Inter, la première radio de Radio France, deuxième radio généraliste du pays avec plus de cinq millions d’auditeurs chaque jour, l’audience en effet semble un long fleuve tranquille. Pas plus de trois grosses fâcheries en quarante ans. En 1974, lors de l’éclatement de l’ORTF, en 1981 avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir, l’abolition du monopole et l’explosion des radios libres et en mai 2005, avec le referendum pour le TCE où le Non l’a largement emporté alors que la rédaction de France Inter avait milité avec ferveur pour le Oui. A chaque fois les auditeurs sont revenus.

Pourtant , quatre fois par an, la publication des chiffres d’audience par le très opaque institut de sondage Médiametrie distille l’angoisse au long des couloirs de France inter. Surtout vers le bureau directorial. Il s’en échappe des volutes de discours avantageux sur la grandeur du service public et la complexité chez Edgar Morin, mais en vérité tout se réduit au seul et unique tracé d’une flèche vers le haut ou vers le bas.

A la machine à café, journalistes et petites mains dénoncent rituellement le système douteux des enquêtes d’audience Médiamétrie, dont sont actionnaires les grandes radios privées afin de fixer leurs tarifs publicitaires ce qui ne concerne pas la radio publique qui est affranchie de cette contrainte, mais qui pourtant est également actionnaire de cet institut.

Incapable d’affirmer sa différence en lui redonnant un sens et une ambition, la radio publique, a fini par s’aligner sur la loi du marché. Imaginez un cheval libre, pouvant aller et courir à son gré à la découverte des grands espaces et qui faute d’esprit et de désirs, viendrait s’aligner auprès des chevaux de labour creusant leur sillon monotone pour le compte d’une société lucrative sans but. Le chiffre d’audience Médiamétrie est devenu le seul critère et le seul but de France Inter. Seule compte la quantité. Le Beaucoup a tué le Pourquoi. Les rebelles de la machine à café l’affirment haut et fort, toutes les grandes conquêtes de l’esprit, toutes les grandes émancipations collectives , apparaissent d’abord minoritaires et subversives. Dans les idées, comme dans l’art, comme dans la politique. Avec Médiamétrie , pas de Galilée, pas de Van Gogh, pas d’Einstein, même pas un Desproges. Et Roland Barthe, sa flèche elle monte ou elle descend ? Le principe du business a contaminé les valeurs du service public de la radio et va lui faire la peau comme la Poste, la Santé , l’Assurance sociale, la banque populaire, l’ enseignement, la recherche…

De la différence à la distinction

Partout l’Eglise de Chiffrologie étend son règne. A Radio France, quatre fois par an, devant un aréopage pénétré, des chiffres magiques sont projetés sur un écran, interrogés et savamment interprétés selon des rites incantatoires empruntées aux antiques devins qui scrutaient le vol des oiseaux ou les entrailles des poulets et donnaient un avis qui bienheureusement, venaient confirmer les ordres toujours exquis de l’Empereur.

Certes, on fait de la radio pour être écouté et il est nécessaire de connaitre la réponse du public. Mais tout autre mode d’évaluation de l’audience a été abandonné. Qualité, utilité, service, débat sur avec le public. D’autres enquêtes sont possibles pour mener le navire vers les grands horizons.

« Ecoutez la différence » tel était le slogan de France Inter à la fin des années 70. Doctement, le directeur expliquait alors qu’il s’agissait de la différence entre un client et un citoyen. Les radios privées s’adressent à un client, les choses sont claires. La radio publique elle, s’adresse à un citoyen. Cette différence tient en deux mots, l’ambition et l’obsession. Avoir l’obsession de l’audience c’est le secteur privé, avoir l’ambition de l’audience c’est le service public. Applaudissements garantis.

« La différence » . La formule a été reprise récemment, plus de trente ans après. Mais c’était une toute autre différence. C’était la distinction. Ecouter France Inter vous distingue du commun des mortels. L’ancien directeur, Philippe Val, l’affirmait clairement, « France Inter ça se mérite, c’est pas beauf, pas démago, pas vulgaire ». Comme naguère dans nos colonies, ce directeur s’était senti investi d’ une mission civilisatrice à laquelle il avait cependant donné des limites très nettes « La meute m’emmerde et j’emmerde la meute » (Télérama)

Ce mépris marque une rupture avec ce « grand public » que constitue les auditeurs de France inter. Dans un message (décembre 2013) un auditeur de Marseille mettait en évidence l’élitisme de cette radio. « C’est une radio généraliste, donc elle est censée traiter de tous les sujets. J’ai passé en revue pas moins de 55 émissions différentes. Si l’on exclut les tranches d’information, on s’aperçoit vite que presque tout les programmes sont au service exclusif de l’industrie culturelle. Si vous êtes chanteur, musicien, acteur, metteur en scène, écrivain, vous avez une petite chance que l’on parle de vous ou de votre univers artistique. Pas moins de dix émissions sur la musique, au moins huit magazines multiculturels, le cinéma, le théâtre sont gâtés, mais la science, l’histoire, l’économie ne sont pas oubliées, de même que nos amis les bêtes, la grande cuisine et le sexe à minuit. L’auditeur cultivé et diplômé est donc choyé. Mais les sujets qui préoccupent au plus haut point les citoyens ont-ils leurs émissions ? Quid de l’emploi et du travail, de la santé et de la protection sociale, du logement par exemple ? Ah, si, le dimanche, entre 13 :20 et 13 :30, le magazine Périphérie traite de banlieue et de ceux qui y vivent ! La voix est libre, mais l’élitisme la rend inaudible au plus grand nombre »

Un autre auditeur affirmait qu’un étudiant en sociologie qui aurait pour sujet « La petite bourgeoisie culturelle parisienne » pourrait faire toute son étude en écoutant seulement France Inter une journée à travers ceux qui parlent et ce dont ils parlent, c’est à dire leur univers culturel, leurs codes, leur monde social. Une sorte de confiscation. A l’image de Paris, on peut parler de la « gentrification » de cette radio, alors même que le cahier des charges de Radio France (art. 5-1) stipule que « La société veille à ce que les programmes donnent une image la plus réaliste possible de la société française dans toute sa diversité. Elle accorde également une attention particulière au traitement à l’antenne des différentes composantes de la population »

On en est loin et on s’en éloigne. Les ouvriers qui sont 10% de la population sont invisibles à la télévision (de 0 à 3%). En revanche les professions libérales et intellectuelles supérieures qui constituent 7% de la population, sont représentées de 62 à 80%. (INSEE 2012)

Et encore, si ouvriers et employés sont visibles c’est dans les émissions de jeux ou dans les émissions de télé réalités non pas sur ces hauts plateaux où l’on parle du vivre ensemble ou de gestation médicalement assistée.

De la même façon, France Inter construit une image fausse de la société par rapport aux structures sociales réelles. De même que la propagande soviétique éliminait grossièrement les indésirables de la photo officielle, on assiste ici à l’élimination des catégories disgracieuses : demandeurs d’emplois, retraités, femmes au foyer ou encore « jeunes des quartiers » Ce mépris profondément ressenti, se traduit par un rejet des médias et des journalistes dans les quartiers populaires. Pour plus de 65% des Français (surtout chez les jeunes) les journalistes sont incapables de résister aux pressions de l’argent, des partis politiques et du pouvoir (étude TNS Sofres La Croix, février 2014) Un rejet qui n’est pas sans lieu non plus avec le vote Front National.

Mais, bah, les auditeurs reviennent toujours !

Jusque là, c’est vrai. Malgré tout, les infidèles sont toujours revenus à la maison. A cet enviable phénomène on trouve des explications. La qualité, le talent, le génie du directeur, le lien passionnel des Français avec leur radio publique... Mais la première raison c’est qu’ « Il n’y a pas de publicité ». Or toutes les études montrent que les Français sont clairement publiphobes.

Mais pourquoi pas de publicité ? Parce que Radio France est financé par la redevance. Non pas par un quelconque impôt mais par une redevance clairement affectée à l’audiovisuel public et dont une partie est attribuée à Radio France. 650 millions d’Euros chaque année, 4 300 collaborateurs permanents, dont 700 journalistes, sept radios nationales. Premier groupe radiophonique français avec 13 millions d’auditeurs quotidiens et une bien belle voiture avec chauffeur pour le Président.

Le Président d’une bien belle société de service public.

Ressources humaines, ressources techniques et budgétaire, un exemple parfait si vous devez défendre le service public. De plus , ici on ne redoute pas les effets de la mondialisation, ni des des diktats de Bruxelles. Beaucoup d’atouts donc pour élaborer des politiques ambitieuses et créatives dans tous les domaines, le profit n’étant pas notre but.

Mais alors quel est votre but ?

Voilà une question bien embarrassante. Pour tout dire, là, tout de suite, comme ça, nous n’avons pas de réponse. Il y avait sans doute un but autrefois, mais il aura été perdu en chemin. Ce but ne peut se limiter à l’audience, à la seule quantité de paires d’oreilles récoltées, chacun en convient la main sur le cœur avec une moue de dégoût. Mais alors quoi d’autre ?

Tout est possible. Cette grande radio publique est un patrimoine et une chance encore préservée avec des ressources humains remarquables, des ressources techniques et budgétaires qui permettent projets et audaces. Les complotistes de la machine à café parlent plus bas. A chaque rentrée, chaque Président, ne manque pas de rappeler, (en citant Albert Camus, Spinoza, Platon et Jean-Marie Cavada ) que Radio France c’est la première offre radiophonique du pays et la première entreprise culturelle en Europe. Un frisson de fierté parcourt l’assistance. Oui, mais quel est le but ? Le Président, ( citant Montaigne, Roosevelt et Bernard Guetta ) rappelle alors les trois grandes missions du grand service public, « Informer, Eduquer, Distraire ».

Trois grandes étiquettes sur trois grandes valises.

Et qu’est-ce qu’il y a dans vos valises ?

Ah, le Président est déjà reparti. L’assistance s’achemine vers le buffet. Passant par là, l’enfant qui ailleurs, avait fait remarqué que le Roi était nu, découvre alors que les valises sont vides.

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© Dessin Daniel Mermet


En décembre 2013, le cinquantième anniversaire de France Inter et de la maison de la Radio a fourni pour beaucoup une rare occasion de découvrir les archives de leur propre histoire.

Les experts de 1963 prévoyaient que la télévision allait réduire la radio à un simple fond sonore. Pourtant dans son allocution inaugurale le président de la République, Charles de Gaulle, voyait là, une grande cause :

« Comme ce qui est utile aux âmes ne l’est qu’en vertu d’une grande cause et comme nous avons choisi la nôtre, il faut que la radio française, tout en captant sans parti pris et en répandant sans exclusive les courants de l’événement, de l’art, de la science et de la politique, concoure à la liberté, à la dignité et à la solidarité des hommes » *

Au moins y avait-il du souffle dans les grandes valises.

Mais en vérité la radio publique était née vingt ans auparavant, fille de la Résistance et du Conseil National de la Résistance, il y a 70 ans cette année, très précisément, le 20 août 1944. Cette date est beaucoup moins évoquée c’est pourtant la source et le socle de cette histoire.

Il faut revenir à ces journées du mois d’août 1944 qui ont précédé la libération de Paris. Au bout de cinquante mois de honte, quartier par quartier, Paris se libère « par lui même ». Mais pas encore. Derrière les volets , les cris de joie attendent encore dans les poitrines. On tire, on tue, on fusille encore, on prend la pose aussi, on retourne sa veste, on meurt vraiment, on arrache les écriteaux en allemand, les drapeaux vont jaillir.

Ceux qui condamnent toujours toute forme de lutte armée dans le monde , oublient ce qu’ils doivent aux anonymes de cette guérilla populaire de Paris. Le gamin sur la barricade, la jeune femme à la mitraillette, les francs-tireurs dans la Citroën rue de Rivoli, le G.I. au sourire Hollywood et aussi la balle qui traverse le crâne du milicien fuyant par les toits, l’Allemand et sa dernière cigarette, le lynchage d’une blonde de bordel et les faux résistants de la 25 ème heure qui seront les plus zélés des épurateurs. Et qui s’en sortiront.

Comme la presse, la radio s’est vautrée pendant quatre ans dans la collaboration. A cette époque la radio est le média le plus puissant au monde. L’aile de la liberté et l’arme du crime. « Radio Paris ment, Radio Paris est allemand » la chansonnette du grand Pierre Dac se fredonne lèvres fermées dans le couloir du dernier métro.

Le 17 août 1944 , Radio Paris cesse d’émettre. Au 116 avenue de Champs Elysées, les collaborateurs quittent fiévreusement le navire en mettant le feu aux archives.

Au 37 de la rue de l’Université, ils sont quelques uns, qui attendent depuis longtemps cet instant là. Quelques jeunes résistants planqués dans un studio de radio. C’est le Studio d’Essai de la Radio Nationale de Vichy. Oui, de Vichy ! Tout en travaillant là, ils ont constitué clandestinement une groupe de résistance en 1943, à l’initiative de Jean Guignebert, le Comité de Libération de la radio, dont fait partie un certain Pierre Schaeffer, en liaison avec la résistance intérieure. Dans le ventre même de l’ennemi, ils résistent. Leur but est d’assurer la relève le moment venu.

Le 18 août, profitant de la débandade, ils ont pris possession des locaux et ils ont tout mis au point, micro, antenne, matériel. L’ennemi est encore là autour, dans la rue, sous les fenêtres, des tirs résonnent, des chars au loin, des sirènes.

Le 20 août sera le grand jour. Grâce à un émetteur clandestin mis en place par le réseau de résistance des PTT, ils vont diffuser pour la première fois. L’émotion est à son comble. A 22h30 voici la Marseillaise. La première à la radio depuis l’armistice de 1940. Quatre ans. Puis, pour la première fois, la voix d’un homme annonce : « ICI… LA RADIODIFFUSION DE LA NATION FRANCAISE ».

Ce sera ce soir là, la seule phrase prononcée sur cette Marseillaise.
Il est 22 heures 31, c’est l’heure exacte de la naissance de notre radio, le 20 aout 1944, un dimanche.

La voix c’est celle Pierre Crénesse, journaliste et reporter de radio. La Radiodiffusion de la Nation Française, la RNF, deviendra la RDF puis la RTF puis l’ ORTF, puis Radio France. Radio France est donc issue tout droit de la Résistance, voilà son ADN, voilà son souffle initial basé sur le programme du Conseil National de la Résistance qui imposait « La liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères »

De quelles influences étrangères parlent le CNR ? Celle de l’occupant nazi en déroute ? Celle de l’URSS ? Ou bien plutôt celle du sauveur américain ? Pour ce qui est de l’indépendance à l’égard de l’Etat, l’histoire montrera que le cordon ombilical n’a jamais été vraiment tranché ! En revanche, même si le pouvoir exécutif a toujours gardé le contrôle du budget, l’indépendance à l’égard des puissance d’argent a tenu jusque là. Et voilà pourquoi il n’y a pas de publicité, et voilà pourquoi les auditeurs reviennent toujours.

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© D.M.


C’est la raison majeure mais pas la seule. Par la redevance, Radio France appartient à tous. C’est un bien commun. Alors que depuis trente ans, de la Poste à la Santé, de l’éducation aux transports, de l’eau aux banques populaires, tout est offert à la spéculation, Radio France devient le symbole sonore de l’attachement des Français au Bien Public, en écho surement à sa jeunesse résistante.

Mais sous le ciel plombé de la crise, certaines fines oreilles affirment entendre le sifflement de la faux de la mort des services publics qui s’approchent.

Radio France, menacé ? On ne sait pas. On ne sait pas grand chose de cette maison, ni de la radio en général. Quatorze millions d’auditeurs par jour, et aucune critique. Il y a des critiques à la radio mais aucune critique de la radio. Trop volatil ? Trop plébéien ? Historiens et chercheurs n’ont jamais accordé beaucoup d’intérêt à ce média pourtant mêlé à la vie de milliards d’hommes dans le monde. En France quelques universitaires tenaces, quelques valeureux ouvrages, des sites intéressants, mais bien peu devant l’énorme puissance de ce média dans la fabrique quotidienne de l’opinion, sur la sensibilité, sur le conformisme, sur le langage, sur l’imaginaire, sur ce prodigieux moyen d’éducation populaire pour lutter contre la fracture culturelle, pour favoriser l’émancipation collective et l’épanouissement individuel…

En interne, on est peu enclin à la contestation. Journalistes comme producteurs. Les uns parce qu’ils jouissent d’une situation convenable qu’ils ne trouvent aucun raison de compromettre, les autres parce qu’ils sont précaires et que la précarité conduit à la docilité. Les uns redoutent le placard, les autres c’est la rue. En attendant qu’il soit minuit dans le siècle chacun voit midi à sa porte.

De l’extérieur ? Guère plus. Un article ça et là, une brève promotion, et silence radio. Aucune enquête approfondie, aucune analyse des contenus, aucun projet, aucun débat de fond. L’Education nationale fait l’objet de débat et de réformes constantes. Rien de tel pour Radio France qui s’adresse pourtant à plus de dix millions d’auditeurs chaque jour et joue un rôle majeure sur la culture et l’éducation de tout un pays. Pourquoi ? Du côté des experts et des intellectuels professionnels chacun à une œuvre en cours, un film ou un livre en promotion et n’a pas trop envie de mordre la main d’une radio où la phrase la plus prononcée dans une journée est « Et je rappelle le titre de votre livre ».

Dans le tout premier reportage de la Radiodiffusion de la Nation Française, le 21 août 1944, en direct place de la République au milieu des tirs et des barricades. Il faut se mettre à l’abri pour faire entendre la voix de Georges Bidault parlant au nom du Conseil National de la Résistance, entrecoupé par des rafales toutes proches. D’emblée cette radio est dans la vie dans le battement de l’histoire, avant les discours et les commentaires, elle dit l’inouï, ce qui n’a pas encore été entendu.
Le lendemain, dans l’ivresse de la libération qui vient, le speaker se dit « dument mandaté par le secrétaire général de l’information pour requérir messieurs les curés de faire sonner immédiatement les cloches à toute volée pour annoncer l’entrée des alliés à Paris »
Et aussitôt en effet les cloches se mettent à sonner. Au loin d’abord puis plus proche puis dans tout le ciel de Paris.
Au micro, la voix inquiète et joyeuse ajoute :
« Il faut approcher le micro de la fenêtre ! »

 

Daniel Mermet (15 avril 2014)

Cet article a été publié dans LE MONDE DIPLOMATIQUE du mois de mai 2014.

 

 

Qu'ajoutez de plus sinon que LBSJS prend le maquis en allant sur internet. Espérons que nombreux seront ceux qui les suivront pour continuer à avoir quelque chose entre les oreilles !

 

Ne les laissez plus vous empêcher de réfléchir, car «Réfléchir, c'est commencer à désobéir.»

 

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Nouveau site de LBJS

Site de la pétition pour sauver LBJS


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Dimanche 31 août 2014 7 31 /08 /Août /2014 20:00
- Par Fix - Communauté : Droit Dans Le mur

Nous l’avons vu la semaine dernière, il n’y a pas 36 solutions pour redonner des sous en vrai aux gens ! Le problème, c’est que les chantres du libéralisme ultra nous en empêchent.

 

Quoi faire ? Aide la reine, disent les royalistes, récupérer l’argent pour le faire circuler, dis-je tout court.

 

Et où peut-on bien trouver de l’argent en ces temps incertains et chomiesques, quand le bossu du Medef préconise la suppression du code du travail sous prétexte que celui-ci nuit aux sans-emplois !

N’empêche qu’il fallait la trouver celle-là. Prétendre que le salaire minimum, la procédure de licenciement et la représentation du personnel par élection démocratique de 24 millions de salariés doivent disparaître car trois millions de personnes n’ont pas d’emploi, fallait oser. Mais il est évident que rien n’arrête les Chicago boys et leurs émules dans leur fantasme de société parfaite.

 

Or donc, comme je vous l’avais dit la semaine dernière, il est temps pour moi de vous faire part de mes formidables propositions qui, n’en doutez pas un seul instant, permettront à chacun de retrouver un niveau de vie convenable, à la société de faire des économies conséquentes et au PIB de retrouver des hauteurs qu’il n’a pas connu depuis 40 ans et ce sans viagra.

 

La solution tient en deux mots : « Les vieux. »

 

Oui, butons les vieux et la société ne s’en portera que mieux ! (Slogan à reprendre !!)

 

Alors, je pressens que des esprits chagrins et tatillons vont me reprocher mon discours sectaire et extrémiste propre à entraîner des comportements violents et incontrôlés envers des populations déracinées mais non moins amicales. Que nenni !

Quand je dis « vieux », je pense aussi et surtout aux blancs catholiques qui, accessoirement, votent pour les vieux borgnes ou leur progéniture.

 

Imaginons ensemble un monde presque parfait. Un monde où l’on commencerait à piquer tous les vieux (et toutes les vieilles, la parité c’est pas fait pour les chiens, même de garde !) à piquer donc, tous les vieux liquides et alzheimeriens. Quel soulagement pour les familles qui souffrent de voir leurs anciens dans cet état. Et quelle joie pour les enfants et petits-enfants de toucher enfin cette assurance vie qui qui enrichit les banquiers depuis si longtemps !! Cet argent bienvenue pourrait leur permettre de retrouver le pouvoir d’achat qu’ils croyaient perdu.

 

Ensuite, par paliers successifs, on pourrait abaisser l’âge du cimetière. 90 ans, puis 85, 80, et enfin 75 ou 70 ans selon les nécessités du PIB. Car, et ce n’est pas moi qui le dit, mais les friedmanniens pure souche, un vieux, ça coûte cher à la société. Même si le marché potentiel est énorme, la plupart des vieux n’ont pas assez de thune pour se payer une mutuelle privée et une assistance à domicile. Les soins, les aides, les médicaments sont payés par vos impôts à vous plus jeunes et plus chanceux de ne pas encore être trop malade malgré la formidable nourriture issue de l’agriculture productiviste que vous avalez depuis votre naissance ! En supprimant cette importante part de la population inactive, improductive et coûteuse, on pourrait baisser, voire supprimer les impôts. Déjà qu’on aura fait piquer les fonctionnaires ! D’où accroissement mathématique de votre pouvoir d’achat !

 

Et puis imaginer le nombre d’appartements qui pourrait être redistribué aux vrais actifs, ceux qui travailleront pour un euro de l‘heure ! Ah ! non, merde, pas ceux-là.

 

Enfin bref, il n’y a que des avantages à buter du vieux.

 

Prenez les pensions de retraite. On n’arrête pas de nous répéter que Toplain c’est fini et qu’il faudra s’arrêter à toréduix. Avec mon système, les retraites qui ne seront plus versées après 75 ans pourront être redistribuées à ceux de 60 ans ! Tout bénèf !

 

En plus, tous les vieux gripsou, qui se rendent malades à l’idée que leur argent dûment volé, pardon, gagné va allez à leur feignant de fils ou à leur ingrate de fille (et je ne vous parle même pas de ce qu’ils peuvent penser de leurs petits-enfants) et qui couvent leur or comme un prêtre pédophile ses enfants de chœurs, ceux-là vont s’empresser de tout dépenser avant l’âge limite, rien que pour les emmerder. Du coup, injection d’énormes sommes de liquidités dans l’économie. Rien de tel pour doper le PIB. Tout Bénèf !

 

Mais attention, cette mesure ne concernerait pas seulement les pue-la-sueur ! Ah, non ! Elle concernerait toute la population, y compris les élus cacochymes et valétudinaires qui s’accrochent à leurs mandats telle la moule sur son rocher mazouté et pesticidé. Y a pas de raison !

 

Alors, je sais, mes mesures pourront paraître un tantinet radicales aux âmes sensibles. Pour ceux-là, j’ai déjà une solution intermédiaire pour commencer à préparer les esprits. Pour tous les vieux partis prendre leur retraite aux Philippines, au Maroc ou à Bruxelles, suppression de leur pension et redistribution pour les petites pensions. Vous ne voulez pas payer d’impôts en France, vous ne touchez pas votre pension ! Simple. Et du coup, augmentation du pouvoir d’achat des autres retraités.

 

Vous voyez quand on y réfléchit un instants, les solutions sont juste simples et de bon sens. Regardez les Chinois, ils ont fait simple. Ils étaient trop nombreux, ils ont buté leurs filles. Du coup, ils ne sont plus « que » un milliard et demi. Et si ces connards de chinois réclamaient la retraite à 60 ans, le gouvernement ferait tirer dans la foule par l’armée. Simple.

 

Franchement, je ne vois vraiment pas pourquoi on s’échine toujours à chercher des complications.

 

C’est avec une mentalité comme celle-là qu’on finira droit dans le mur !

Je me tue à vous le répéter. (Un de moins !!)


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Dimanche 24 août 2014 7 24 /08 /Août /2014 20:00
- Par Fix - Communauté : Droit Dans Le mur

Oui libérons-le :

 

A l’heure où le nombre d’ego surdimensionnés se portant candidat pour diriger un pays archaïque, endetté, rempli de chômeurs et de feignants croit plus vite qu’un virus dans une porcherie mexicaine, il est temps de mettre les choses au point et les économistes dans un bloc de béton pour leur faire visiter le Titanic en compagnie des présentateurs de télés et de radio.

Rappelons d’ailleurs aux éternels distraits que l’économie n’est pas une science et qu’à l’instar des météorologues, ils sont juste bons à prédire le temps qu’il fait en regardant par la fenêtre.

 

pouvoir-d-achat Dans la série « Change pas de main, j’sens qu’ça vient », le nouveau leitmotiv à la mode est le pouvoir d’achat qu’il faut absolument libérer. Je ne savais même pas qu’il était retenu prisonnier, sinon je lui aurais apporté des oranges !

 

Jusqu’à présent, les choses étaient simples. Il suffisait d’augmenter les salaires, les prestations, les pensions, et hop, avec plus d’argent, on pouvait acheter plus.

Simple.

Trop simple.

Car horreur et damnation (vus avez lu, je me suis retenu d’écrire horreur et boule de bitte !!) en procédant de la sorte, on génère de l’inflation, l’inflation honnie qui fait peur aux rentiers qui nous dirigent.

(Pour info, il y a autant de rentiers aujourd’hui qu’il y en avait en 1914 ! Un siècle de progrès, donc)

L’inflation dévastatrice qui fait couler les monnaies et les jetons de présence et mène au pouvoir de petits moustachus hystériques qui détestent la cuisine polonaise et les grands moustachus anciens séminaristes géorgiens.

Vade retro Satanas & Diabolo !!

 

La deuxième chose qu’il est possible de faire est de baisser les impôts et les taxes.

Evident.

Trop évident.

Surtout pour des Etats qui se sont fait plumer par des escrocs qui leurs réclament maintenant d’être plus rigoureux dans leurs comptes publics et qui n’ont d’autre moyen que de saigner les pue-la-sueur qui ne peuvent pas s’expatrier.

 

Alors, que faire ??

Repasser, disent les uns, déréglementer disent les escrocs criminels contre l’Humanité qui veulent imposer leur dogme en détruisant l’Etat qui les a pourtant sauvés.

Et comme un serpent de mer qui reviendrait à la surface tous les 7 ou 8 ans, mettons à bas les huissiers les notaires, les avocats, les kinés, les taxis, parce que mon bon monsieur ; ce sont des sangsues, des accapareurs, des profiteurs à qui on devrait couper la tête si un maréchaliste démagogue et décoré n’avait pas supprimé le rasoir de monsieur Guillotin par simple visée électoraliste.

 

- Oui, osons le dire, ces professions s’engraissent sur le bon peuple qui trime honnêtement en profitant de passe-droit rétrograde …

- Et les 30% d’abattement supplémentaire pour les journalistes, on en parle ?

- Non ! On n’en parle pas, et j’ai horreur d’être coupé.

- Ah ! D’accord.

- Oui donc, mettons à bas ces professions aux prix prohibitifs e imposés qui volent le bon peuple de plus de 8 milliards d’euros. Vous vous rendez compte ??

- 8 milliards d’euros pour 65 millions d’habitants, ça fait … 123 euros par personne.

- Mais il va fermer sa gueule, celui-là ?

- Désolé !

- Où j’en étais, moi ? Ah, oui ! Nous allons donc ouvrir à la concurrence ces métiers qui sont devenus des rentes de confort, des corporations iniques. (et pas de commentaire !)

 

Tel est en substance le discours tenu par les chantres du libéralisme friedmannien et répété à l’envie par les présentateurs des journaux télés et radio, qui aiment à se faire appeler (sûrement pour les 30%) des journalistes !

Peut-être faudrait-il expliquer à ces canards « laquets », à ces suppôts (zitoires) des grands groupes auxquels ils appartiennent que les professions qu’ils dénoncent sont régies par l’Etat qui fixe leur fonctionnement corporatiste et leurs tarifs prohibitifs depuis des dizaines d’années, voir des siècles pour les notaires et les huissiers dont les documents qui sortent de leur officine ont force de loi.

Il ne tient donc qu’à l’Etat de faire baisser ces tarifs s’ils les jugent trop onéreux au risque d’avoir moins de rentrée fiscale. Mais ça, c’est une autre paire de manche, comme disait le pilote du vol MH370.

 

Oui, mais non ! Le but n’est pas de faire baisser les prix, mais bien de démanteler tout ce que représente un Etat souverain. Je vous parlerai d’ailleurs prochainement du futur accord transatlantique. Un rien choucard, je vous le promets !!

 

Imaginez un peu, un simple quidam ou une association de défense de son environnement peut aujourd’hui faire condamner une multinationale avec de simples constats d’huissiers assermentés. (Et 20 ans de procédure !!) Demain, si cette même association a les moyens de payer une entreprise privé pour constater le même délit et que, par chance, l’entreprise chargé du constat n’a pas de lien avec la multinationale que l’association attaque, quelle valeur aura le document devant un tribunal. Intérêts privés contre intérêts privés. A votre avis, quel sera le résultat ??

 

Et puis en cas de succession, quel testament, signé par quel officine sera valable ? Pour le péquin de base, pas de problème, mais pour les Pinault ou les Dassault, ou, rions un peu, pour les Bettencourt ? Je ne vous raconte pas l’augmentation des contentieux !! Il n’y a que les avocats qui seraient heureux. Je ne comprends plus pourquoi ils râlent aussi.

 

Quant aux soins, si les prix dépassent les tarifs de la sécurité sociale, ce sont les mutuelles qui sont censées rembourser. Jamais l’intégralité. Je vous laisse imaginer le prix de la cotisation annuelle !

 

A l’heure du tout sécuritaire, du passeport biométrique et de la carte d’identité infalsifiable, on chercherait à permettre l’établissement de document dont on pourrait douter de l’authenticité ? Je n’ose y croire ….

 

Or donc, continuons à détruire le tissu social du pays, à monter les uns contre les autres pour assouvir le grand dessein friedmannien de la société idéal. Je pense que ce type de société ne pourra durer au plus que 70 ans. Et encore, s’ils y arrivent complètement. Mais après tout, ce n’est qu’un avis personnel, que je ne partage qu’avec moi-même.

 

La semaine prochaine, je vous parlerai de mes propositions, tout à fait réalistes et surtout pleines de bon sens pour redonner des sous aux gens, en vrai !

 

 

Célafêtàquidondidonc ?


Aujourd'hui dimanche 24 août

C'est la Saint Barthélémy


Arrêtez de vous faire du mauvais sang !


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Dimanche 17 août 2014 7 17 /08 /Août /2014 20:00
- Par Fix - Communauté : Droit Dans Le mur

Manipulation et foutage de gueule sont les deux mamelles des médias.

 

Piege-a-cons.jpg Après le spectre de l’hyper inflation si on avait l’inconscience d’augmenter les salaires, voici venir le risque majeur de la déflation, mal terrible qui mettrait à bas la pauvre société française, incapable que sont ces incompétents du gouvernement de faire les « réformes structurelles indispensables » !!


 

- Déflation, quèsaco ? fait l’imbécile.

- Malheureux, répond le génial économiste, c’est quand les prix baissent, c’est une catastrophe.

- Quand les prix baissent ? Vous avez vu des prix baisser, vous ? Vous ne devez pas souvent faire vos courses !

- Les prix baissent, nos chiffrent sont formels. Le café, les vêtements, la nourriture, le pain …

- Le pain ?! Si vous connaissez une boulangerie qui a baissé ses prix, dites le moi, j’y cours ! Ce serait une première depuis quarante ans, se moqua l’imbécile.

- Mais vous ne vous rendez pas compte, répondit l’économiste outré. Si les prix baissent, les taux d’intérêts augmentent, les investissements baissent, ce qui entraîne une baisse des coûts de production et une diminution des salaires, des usines qui ferment et le chômage qui augmentent, d’où une baisse des prix et des gens qui n’achètent plus en attendant que les prix baissent encore ! C’est le cercle infernal ! D’ailleurs, si le PIB est à zéro, c’est à cause du secteur privé qui n’investit plus car il n’a pas confiance. Il faut que l’Etat s’engage à investir massivement dans l’économie pour la relancer.

- Mais, je croyais que vous les économistes du vrai libéralisme ultra vous vouliez le moins d’Etat possible, voir plus du tout car c’était justement du secteur privé que devait venir le salut ? Et puis si l’Etat investit, cela va entraîner une hausse de la dette, fit ingénument l’imbécile.

- Oui, mais là ce n’est pas pareil.

- Ah d’accord. Et concernant les taux d’intérêts qui augmentent, je croyais que le directeur de la BCE les avait baissés ?

- Oui, mais, non ! Ce n’est pas suffisant. S’il y a de la déflation, il y aura du chômage !

- Encore plus qu’aujourd’hui ? Les entreprises n’ont pas attendus pour baisser les salaires et licencier ?

- C’est pas pareil, c’était en prévision de la crise à venir, cette fois ci on est dedans.

- C’est plutôt vous qui nous mettez dedans, non ?

- Vous osez remettre en cause nos chiffres et notre expertise ?

- Déjà que je ne comprends rien !

- Ah : Vous voyez. Du coup, si les prix baissent, les gens vont attendre pour acheter que les prix baissent encore et c’est une catastrophe.

- Là je suis d’accord, je me vois tout à fait dire à ma femme, « non chérie, je ne vais pas faire les courses aujourd’hui, j’attends que les prix baissent encore ! »

- Je vois que vous commencez à comprendre.

- Mais il y a encore une chose avec laquelle j’ai du mal. Pour sauver votre économie, vous voulez baisser les pensions de retraites, les salaires des fonctionnaires, ça ne va pas faire de la déflation ?

- Mais non, c’est pour libérer l’économie ! Il faut tout privatiser, on vous le répète à longueur de journée, pour favoriser la concurrence et faire baisser les prix. C’est pour vous qu’on le fait.

- Faire baisser les prix, comme pour les téléphones portables et l’électricité ?.....

 

L’économiste en colère ne répondit pas à l’imbécile et s’en alla, ce qui mit fin prématurément à ce dialogue …..

 

 

Pour info :

 

Le Temps Genève

« Le 5 juin, la Banque centrale européenne (BCE) a sorti l’artillerie lourde. […] Elle a commencé par réduire son taux d’intérêt. C’était la mesure la plus attendue. De 0,25 %, il est passé pour la première fois à 0,15 %, son niveau le plus bas dans l’histoire de la monnaie unique. […] Elle est même allé plus loin en modifiant également le taux qui rémunère les placements des banques auprès de la banque centrale. Il a abaissé ce taux de dépôt à – 0,1 %, introduisant pour la première fois un taux négatif. L’idée ? Inciter les banques à utiliser leur argent au lieu de le confier à la BCE. Car le montant actuel de leurs dépôts est déjà supérieur au minimum requis par la réglementation. »

 

Oh ! Les méchants banquiers qui se faisaient du gras sur l'argent qu'on leur a donné ! C'est pas gentil !!

Les espagnols n'ont récupéré que 37 euros sur les 1300 par habitants qui ont été donné aux banques en 2009.(Source : Quotidien en ligne Publico)

Cherchez l'erreur ! Le chiffre n'est pas disponibe en France ....

 

Chiffres Insee cité par Le Monde

« Sur un an, l'indice des prix à la consommation a néanmoins augmenté de 0,5%, et de 0,4% hors tabac, a indiqué l'Insee, soit le plus bas niveau depuis novembre 2009. Il est resté le même qu'en juin, après avoir atteint 0,7% en avril et mai.

 

IMPACT DES SOLDES 

Selon l'Insee, la baisse de l'inflation de juillet résulte, pour l'essentiel, des variations de prix saisonnières. Les prix des produits manufacturés se sont ainsi repliés de 2,9% sur le mois en raison des soldes d'été, ceux de l'habillement et des chaussures chutant de 13,4%. Les prix des produits alimentaires frais ont reculé de 3,6%, « en lien avec une offre abondante d'articles de saison ».

 

A l'inverse, les prix des services ont augmenté de 1,1% avec le début des vacances d'été, marqués notamment par une hausse de 2,3% des tarifs des hôtels, cafés et restaurants et un bond de 14% de ceux du transport aérien.

 

Les prix de l'énergie ont augmenté de 0,1% du fait d'une légère hausse des produits pétroliers (+ 0,2%) imputable aux prix des carburants (+ 0,3%), tandis que ceux du fioul domestique ont baissé de 0,4%. »

 

 

Lettres ouvertes … ou bleues :

- Aux obsédés de la privatisation

 

 

Droit dans le mur de la désinformation.


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